ASSOCIATION LAÏQUE D’INTÉRÊT GÉNÉRAL
 
 

Sophrologie et yoga à la maison d’enfants d’Evreux

Sophrologie et yoga à la maison d’enfants d’Evreux
30 juin 2019 isabelle.duhau

Les jeunes découvrent avec étonnement la méditation

Pendant quatre semaines en juin, Maëva est venue donner des cours de yoga et de sophrologie à la maison d’enfants à caractère sociale d’Evreux. Une initiative de Solange, éducatrice stagiaire qui est en alternance. « Je réalise un mémoire cette année.  Je dois faire le constat d’une problématique et proposer un accompagnement pour changer la situation. Depuis mon arrivée en septembre 2018, j’ai observé beaucoup de violences entre les jeunes mais aussi envers les éducateurs. Les causes peuvent êtres multiples, liées à des carences affectives, le passage à l’adolescence, une façon d’attirer l’attention… Souvent, les jeunes sont incapables de lâcher prise quand ils éprouvent de la colère ou des angoisses. Ce qui aboutit à des comportements violents. J’ai cherché comment les aider à gérer leurs émotions. La sophrologie, découverte en formation, m’a paru un bon outil. » explique Solange.

 

« La sophrologie, je ne connais pas », « le yoga, c’est pour les vieux ! »

L’idée séduit et l’expérimentation est lancée. Maëva, qui a un studio de yoga à Evreux, vient donc animer des séances de sophrologie. Etant professeure de yoga, elle propose également une initiation dans ce domaine. Les jeunes filles sont les plus réceptives et les plus curieuses. Camille, Geneviève et Sacha ne savaient pas ce qu’était la sophrologie. En revanche, elles avaient quelques idées reçues sur le yoga : « Pour moi, on restait assis en tailleur », « Je croyais que c’était pour les vieux ! »…

Une fois yoga et sophrologie expérimentés, le bilan est positif.  « Cela me détend, me vide la tête pendant la séance et je suis plus calme dans la journée. Mais après, l’effet disparaît » constate Geneviève. « J’ai des angoisses, quand on m’en a parlé, je me suis dit que la sophrologie pouvait m’aider. Mais je n’aime pas le yoga parce que je ne suis pas à l’aise avec mon corps » remarque Camille. Elles sont plusieurs à exprimer le souhait de poursuivre la pratique de la sophrologie ou du yoga mais ne se sentent pas assez sures d’elles encore pour le faire de façon autonome.

 

« Je me suis attachée aux adolescentes »

Pour Maëva l’expérience a été riche également. « Quand j’ai rencontré Solange, elle m’a expliqué dans quel contexte j’allais intervenir. Je travaille déjà avec des adolescents, à l’hôpital de jour de Navarre (hôpital d’Evreux spécialisé en santé mentale). Mais j’ai compris que là ce serait différent. Quelques jours avant la première séance, j’ai eu une montée de stress. Je me demandais comment les choses allait se passer, quels jeunes assisteraient à ma séance. Et j’ai repensé à un de mes enseignants de yoga qui me répétait souvent que l’angoisse et le stress n’existent pas, qu’il me suffisait de me laisser guider par mon cœur. C’est ce que j’ai fait. Je me suis adaptée chaque semaine. J’ai parfois eu des ados et des plus jeunes enfants mélangés. Certains ont été présents une fois et d’autres sont revenus. J’ai donc varié les exercices. La troisième séance, j’ai proposé du yoga, cela peut être plus facile de travailler au travers du corps. Mon but est d’offrir des outils que les jeunes peuvent mettre en place seuls pour gérer leurs émotions en cas de besoin. »

A la veille de la dernière séance, Maëva constate : « Je me suis attachée aux adolescentes. Nous nous sommes apporté beaucoup mutuellement. C’est une très belle expérience. »

L. Brémont